Le temps de l'harmonie

Prévention santé - Sophrologie - Sonothérapie

Chronobiologie & Travail Posté

De nos jours nous avons accès à de nombreuses informations, applications, techniques pour mieux gérer notre santé. A chaque problématique que nous rencontrons, nous sommes tentés d’aller chercher immédiatement une solution externe au problème identifié.

En matière de santé rares sont ceux qui connaissent bien leur propre fonctionnement interne, là où réside bien souvent la solution.

Que peut nous offrir la chronobiologie ?

La chronobiologie ou étude des rythmes biologiques, permet de savoir optimiser nos choix de vie en fonction du temps et de notre propre rythme, c’est à dire de savoir QUAND telle action nous est le plus bénéfique en matière de santé plutôt que de rester axé uniquement sur le COMMENT.

Pour expliquer l’importance du QUAND, je vous invite à lire l’article de l’INREES sur Michael Breus, médecin américain et spécialiste du sommeil. Ce médecin a imaginé une nouvelle méthode pour vivre au plus près de son biorythme.

Dans cet article il explique que tout est une question de rythmes, rythmes qui sont perturbés aujourd’hui par l’utilisation de la lumière articielle depuis l’invention de l’électricité par Thomas Edison, des « jetlags » dûs à nos voyages d’un continent à un autre et l’utilisation massive des ordinateurs et autres appareils électroniques à lumière bleue qui bloquent la production de mélatonine.

La méthode qu’il a développé permet d’attribuer un profil type à chaque personne. Chaque catégorie se voit conférer des conseils pour ses activités journalières : quel est le meilleur moment pour soi de manger, de boire un café, de prendre un bain, de dormir, d’écrire un livre, de demander une augmentation à son patron et bien d’autres encore.

La Chronobiologie et le Travail Posté

Evidemment dans le cadre du travail posté, cette approche se complexifie.

Rappelons nous déjà que les personnes qui exercent en horaires de nuit ou en horaires décalés réalisent une double performance d’un point de vue physiologique :

• Un sommeil diurne

• Un éveil et une vigilance nocturnes

Alors que notre biologie est programmée à l’inverse.

Cette performance demandant beaucoup d’énergie, les salariés en travail posté sont plus exposés à la fatigue, aux troubles du sommeil et digestifs voire aux dérèglement du système cardiovasculaire que les autres salariés.

Mais le constat va plus loin : une activité ne s’effectue pas de la même façon, ni avec les mêmes résultats et incidences pour celui qui la réalise, selon l’heure à laquelle elle se déroule en raison des rythmes propres à chaque organe.

En effet la température du corps, la force musculaire, la fréquence cardiaque au repos, de même que les performances cognitives sont maximales à tel ou tel moment de la journée et minimales à d’autres moments.

Nous sommes également soumis à une courbe naturelle interne de la vigilance qui fait qu’à 2h00 de l’après midi et 4h00 du matin notre vigilance est au plus bas.

Lorsqu’on exerce en travail posté, la connaissance de ces rythmes est un plus.

Par exemple, le maximum des performances du système nerveux, des muscles du cœur, des poumons se situe vers le milieu de la journée alors que la sécrétion des glandes endocrines permettant la préparation hormonale de l’activité musculaire et nerveuse, se fait au maximum au milieu de la nuit ou au matin avant l’éveil. Les capacités physiques et psychiques d’un salarié selon les postes du matin, de l’après midi ou du soir sont donc impactées par ces variations.

Vient s’ajouter à ces variations de rythme, une différence de perception sensorielle selon l’heure : une climatisation agréable durant la journée peut être mal vécue la nuit, période où le corps a une tendance naturelle à se refroidir.

Cette différence de fonctionnement des organes a des conséquences sur la qualité des tâches à effectuer et la capacité à les réaliser.

Il est dès lors assez facile de comprendre pourquoi les accidents du travail sont plus nombreux à certaines heures du jour mais surtout de la nuit.

L’idéal est de mettre en concordance l’activation physiologique et l’activité professionnelle de la personne en travail posté afin d’obtenir une harmonie fonctionnelle.

Ce challenge à relever sera abordé lors d’un prochain article.